Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération". Nicolas de Rouyn



mercredi 3 février 2016

Soutard 1916, un goût de souvenirs

D’un passage dans le nouveau château Soutard à Saint-Émilion, j’ai retenu quelques bonnes leçons à méditer, particulièrement sur la capacité d'un terroir à se relever de tout. Mais ce n'est pas ce qui m'amène.
Nous étions convoqué par Bertrand de Villaine, le patron de Soutard, pour goûter une verticale de 34 millésimes entre 1916 et 1986. Parmi lesquels, nous attendaient quelques très grandes bouteilles, un magnum de 1947, par exemple, et d’autres encore. Il y avait là quelques fines lames de la dégustation, dont Thierry Desseauve. Intelligemment, nous avons remonté le siècle en partant du plus ancien, 1916.



Qu’en dire ?
D’abord, que c’est encore un vin. La bouteille présentée n’avait jamais quitté la cave du château. Si le vin était mince, très mince, il avait encore un bout de structure et une petite longueur. Il portait surtout l’émotion liée à son grand âge et une dimension supplémentaire, son millésime. 1916. Il ne devait pas y avoir beaucoup d’hommes dans les vignes cet été-là. Pendant que le nord de la France souffrait le martyre et que les hommes tombaient dans l’enfer des tranchées, la campagne libournaise continuait à produire, vaille que vaille. Ce vin de femmes, d’enfants et de vieillards est arrivé jusqu’à nous sans se ridiculiser, grâce soit rendue à toutes ces courageuses. Avaient-elles vraiment le choix ? Quand j’ai posté cette photo sur les réseaux sociaux, un malin m’a demandé avec quoi il se mariait. Ben, avec rien, évidemment. Plus assez d’épaules, d’ampleur, d’épices pour en faire un vin de table.
Et quel goût a-t-il, insistait un autre. Il avait le plus joli goût possible, un goût de souvenirs.
C’est déjà très beau.

J'adore la mention "Grand 1er Cru"